Enjeux et stratégies de communication dans la lutte contre le VIH/Sida en Afrique de l’Ouest : le cas du Niger
Mis à jour le 9 mai 2017
logo imprimer     

Thèse de doctorat soutenue

MOUSSA-YAHAYA A. (2011). Enjeux et stratégies de communication dans la lutte contre le VIH/Sida en Afrique de l’Ouest : le cas du Niger . Thèse: Université de Provence. Date de soutenance: décembre 2011. (Dir. Bernard F.)

Membre(s) IRSIC impliqué(s) :
Anciens membre(s) impliqué(s) :
 
Résumé :

Financée par l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) (2008-2009) et Sidaction (2010), cette thèse de doctorat, porte sur la relation entre communication et lutte contre le VIH/Sida en Afrique de l’Ouest, plus précisément au Niger. L’objet d’étude est appréhendé dans le champ des Sciences de l’Information et de la Communication (SIC), principalement dans le domaine de la « communication d’action et d’utilité sociétale ».

L’Afrique Subsaharienne enregistre la majeure partie des nouvelles infections liées à la pandémie, soit 68% du total mondial (ONUSIDA, 2010). La prévalence du VIH dans les pays de l’Afrique de l’Ouest demeure comparativement faible, notamment au Niger où le taux de prévalence est de 0,7% (Enquête Démographique et de Santé du Niger, 2007). Mais les caractéristiques cumulées de ce pays révèlent un profil qui peut favoriser la propagation de la pandémie (pauvreté, freins socioculturels…). L’incidence du VIH est ainsi une question cruciale de santé publique dont la prévention est à l’heure actuelle la seule solution pour freiner la propagation.

Nos travaux consistent d’abord à comprendre les enjeux communicationnels de cette prévention. La problématique questionne les pratiques des émetteurs (acteurs de prévention), notamment les campagnes de communication, que nous nommons « communication classique », qui ambitionnent de changer les comportements des récepteurs. Ensuite, la perspective structurante de ce travail pionnier au Niger est d’associer la communication à l’action, d’étudier d’une part le changement en actes associé au changement de significations et de valeurs et, d’autre part, l’institutionnalisation du changement. Le cadre théorique et méthodologique privilégié est celui du paradigme de la « communication engageante » (Joule, 2000 ; Bernard & Joule, 2004)- le passage des idées aux actes (et réciproquement)- pour combattre la pandémie du VIH/Sida. Enfin, nous étudions la notion de « communication instituante » (Joule & Bernard, 2005 ; Bernard, 2006)- le rôle des médias et des médiations pour instituer les changements en actes et les valeurs favorisant le passage de la responsabilité individuelle vers la responsabilité collective.

La recherche empirique conduite dans la ville de Niamey se base sur une méthodologie plurielle. Elle est centrée d’une part sur une méthode qualitative- entretiens et observations- pour comprendre et étudier les pratiques communicationnelles des émetteurs (ONG, institutions publiques, médias) et les comportements de prévention des récepteurs. Ces derniers sont représentés par les jeunes fréquentant les structures ciblées pour l’enquête. Elle applique d’autre part une approche participative dans le cadre d’une recherche-action et une approche partiellement expérimentale (mesures et comparaison de deux conditions).
Le dispositif de communication engageante co-conçu avec les principaux bénéficiaires montre une pratique communicationnelle innovante en termes de changements en actes immédiats, efficaces et durables. Les effets de ce dispositif sont montrés comparativement à ceux d’un dispositif de communication classique fondé essentiellement sur la diffusion de l’information.
Nous étudions l’institutionnalisation des changements en actes en montrant comment elle est portée par des pratiques de mise en réseau et par la publicisation (espace public partiel) dans laquelle les médias jouent un rôle, principalement à Niamey, avec la radio et la presse écrite. Enfin, notre thèse ouvre la perspective du transfert de la méthode sur le terrain auprès des acteurs de la prévention.

Abstract
Financed by the Francophony University Agency (FUA) (2008-2009) and AIDS action (2010), this Doctoral Thesis is in relation between, communication, and the fight against HIV/AIDS in West Africa, precisely in Niger. The subject of this study is apprehended within the Science of Information and Communication field (SIC), mainly through the domain of “action of communication and societal utility”.
This region of sub-Saharan Africa is reckoned to record the major part of new infection cases linked to the broad spread disease represented by 68% of the world total (UNAIDS, 2010). The prevalence of HIV in the countries of West Africa stands comparatively low, precisely in Niger where the prevalence rate is estimated at 0, 7% (Health and Demographic survey in Niger, 2007). However, the cumulative characteristics of this country reveal a profile that could advantage the easy spread of the disease (poverty, socio cultural shortages…). The incidence of HIV remains a crucial problem for public health for which the prevention denotes to date the only way to stop the propagation of the disease.
Firstly, our studies will involve the understanding of the communicational stakes of the disease prevention. The problematic will question the practices of the performers (those acting for prevention) particularly the communication campaigns we name in the study “standard communication”, which expect to change the behaviours of receptors. Secondly, the expected perspective of this work, pioneer in Niger, will be to link communication to action on the one hand, and on the other hand to study both the change in facts connected to the change in meanings and values and the implementation of this change. The theoretical and methodological background privileged is symbolized by the paradigm of the “binding communication” (Joule, 2000 ; Bernard & Joule, 2004) – going from ideas to facts (and reciprocally) – in order to fight against the HIV/AIDS disease. Finally, we will learn the notion of “establishing communication” (Joule & Bernard, 2005 : Bernard, 2006) – the role of medias and mediations to found the changes in facts and values easing the passage from individual responsibility to collective responsibility.
This empiric research done in the city of Niamey is based on a plurality methodology. On the one hand, this study which is grounded on the qualitative method – interviews and observations – for understanding and studying the communicational practices from the performers (NGO, public institutions, medias) and the receptors’ prevention behaviours. The latters are represented by the youths’ group who were using the targeted facilities during the survey. On the other hand, the study applies a participative approach for the purpose of research – action and a partially experimental approach (measures and comparison of two conditions). The dispositive of a binding communication co-conceived with the main beneficiaries highlights a handy innovative communication in terms of changes of immediate facts, effectiveness and lasting. The effects of this appliance are showed comparatively to those of a standard communication founded essentially on the diffusion of the information. We are studying the implementation of facts changes in stressing how it is held by practices of network and by the visibility (limited public environment) within which the medias play a role such as the radio and the newspaper in Niamey. Finally, our thesis opens the assignment perspective of the field method upon the performers of prevention.


Mots-clés :

Lutte contre le VIH/Sida, santé et prévention, changement de comportements, action, communication de changement, approche culturelle et culture de la responsabilité sanitaire, communication engageante et instituante, recherche-action participative.

Key words : fighting against HIV/AIDS, health and prevention, behaviours change, action, change of communication, cultural approach and culture of the health responsibility, binding communication and implementing, research-participative.


 

Thèse financée par l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) et Sidaction

Jury : F Bernard (directeur), D Courbet, V Meyer, N D’almeida


puce Contact puce Espace rédacteurs puce RSS puce SPIP puce ESCAL-V3
Institut de Recherche en Sciences de l'Information et de Communication
21, rue Virgile Marron - 13392 Marseille Cedex 05
2012 - Aix Marseille Université - Tous droits réservés