Axe 3 - Information et savoirs : processus, enjeux et dispositifs
Mis à jour le 25 avril 2016
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Coordination de l'axe : Fidelia IBEKWE-SANJUAN

Membres : Abdelkader BAAZIZ , Carine DOU-GOARIN , Audilio GONZALES-AGUILAR , Mandack GUEYE , Fidelia IBEKWE-SANJUAN , Florence LETHURGEZ , Valérie LEVEILLE , Fabrice PAPY , Luc QUONIAM , Hervé ROSTAING , Marc TANTI , Félix WEYGAND

Mots-clés : Dispositifs info-communicationnels, Usages des TICs, Information Scientifique et Technique, Visualisation de l’Information, Recherche d’information, Web 2.0, Big Data, Open Data, Humanités Numériques, Economie du numérique, Epistémologie des SIC.

- Problématique et objectifs de l’axe
- Thématiques de recherche
- Méthodes
- Originalité de l’axe
- Productions et publications

Problématique et objectifs de l’axe

Cet axe s’intéresse aux processus humains et techniques par lesquels l’information est collectée, traitée, valorisée afin de produire des savoirs, ainsi qu’aux usages des TICs qui sont désormais les formes de médiations entre les individus et les informations dont ils ont besoin. Les travaux entrepris dans cet axe se répartissent en trois volets. Un premier volet portant sur le processus d’élaboration des dispositifs d’accès et de valorisation de l’information vise des applications telles que la Veille Scientifique et Technologique, l’organisation des connaissances (Knowledge Organization Systems), la fouille de textes, la recherche d’information ou encore la Visualisation de l’Information.
Le deuxième volet s’intéresse aux usages des TICs et les mutations engendrées dans différents secteurs d’activité par les phénomènes du Big Data, de l’Open Data et le paradigme participatif du Web 2.0. Une attention particulière est portée aux mutations dans le secteur du journalisme (avec l’apparition de data journalism et de citizen journalism), dans les SHS avec le développement des Humanités Numériques, dans le domaine culturel et patrimonial avec l’émergence des concepts des « bibliothèques et musées participatifs », sans négliger la dimension économique de ces transformations avec l’étude de nouveaux modèles économiques engendrés par le numérique.
Un troisième volet plus réflexif interroge notre pratique en tant que scientifique et cherche à rendre explicites les présupposés épistémologiques sous-jacents aux méthodes employées pour élaborer les connaissances dans différents champs des SIC.

Thématiques de recherche

1. Dispositifs info-communicationnels : élaboration, interfaces, pratiques

Parce que les savoirs scientifiques doivent être mis en forme pour en faciliter l’appropriation et la circulation, il est nécessaire d’élaborer des dispositifs de médiation entre les individus et ces savoirs. Les objets techniques ayant à la fois une dimension communicationnelle, sociale et sémiotique, ils se veulent être une forme de médiation entre les usagers et un ensemble de données dont il leur faut maîtriser le contenu dans un temps assez court. Des membres de cet axe ont acquis une certaine maîtrise des méthodes d’analyse de discours scientifiques et d’élaboration de dispositifs permettant leur diffusion et circulation.
Les travaux entrepris dans cette thématique visent à mettre au point des dispositifs infocommunicationnels permettant de traiter de large corpus de données et de produire en sortie des représentations, souvent sous forme graphique, de l’information permettant à un expert ou à un spécialiste de disposer d’une vue de synthèse des thèmes abordés dans le corpus de départ. Les travaux menés sous cette thématique puisent des méthodes issues des travaux en mathématiques, statistiques, linguistique et documentation. Plusieurs applications sont visées dont la Veille Scientifique et Technologique, l’Intelligence économique, l’organisation des connaissances (Knowledge Organization Systems), la fouille de textes, la recherche d’information et la Visualisation de l’Information. Parmi les dispositifs développés par les membres de l’axe, on peut citer la plateforme TermWatch de fouille de textes et de cartographie thématique (Ibekwe-SanJuan & SanJuan 2006) ; Patent2Net pour l’analyse et la cartographie des brevets.
Parmi les perspectives explorées, on peut mentionner : pour la médiation entre le décideur (contexte Intelligence Compétitive) et les informations massives, pour aider le décideur dans la transition qu’il doit opérer entre le « big data » et le « big knowledge », les artéfacts construits peuvent être « techniques » (comme la « visualisation immersive »), algorithmiques (SNA : Social Network Analysis, KDD : Knowledge Discovery in Databases), méthodologiques (sémiologie de la décision, sémiologie du graphisme, conception innovante).
Cette thématique inclut également l’étude de processus de recherche d’information dans un cadre professionnel. On cherche ici à observer et à comprendre le processus par lequel un individu ayant un besoin d’information va le formuler via une interface d’un dispositif info-communicationnel et va affiner sa requête progressivement jusqu’à obtenir des résultats qu’il juge pertinents. L’objectif est d’étudier comment un même besoin d’information peut être formulé et affiné en fonction de multiples facettes (personnalités, pays, époque, langue, etc.) et comment on peut adapter un dispositif de recommandation de sorte à ce qu’il parvienne à prendre en compte des besoins complexes d’information via ces requêtes et à proposer aux usagers des documents numériques en rapport avec leurs attentes. Une collaboration sur ce point est en cours de démarrage avec l’équipe LSIS (AMU) qui gère la plateforme OpenEdition.org. Cette plateforme héberge des revues, des livres numériques en en SHS et des actualités. Elle nous offre un cadre propice pour mener cette étude.

2. Usages des TICs

La dématérialisation croissante du mode d’exercice d’activités dans différents secteurs gagne du terrain. Plus aucun secteur d’activité n’est à l’abri du numérique. Nous nous intéressons aux usages et enjeux des TICs afin d’étudier "ce que les gens font vraiment avec les TIC" (selon Serge Proulx) et les conséquences du basculement dans le mode numérique de la plupart de nos activités. Parmi les dernières avancées technologiques dont l’impact en science et en société nous intéresse plus particulièrement, on peut citer le Big Data, de l’Open Data et du paradigme participatif du Web 2.0 (Ibekwe-SanJuan 2014). S’il apparaît que le Big Data a installé un mode d’investigation scientifique orienté par les données et les algorithmes (data-driven scholarship) dans des disciplines des sciences (physique, astronomie, médecine), il n’est pas aujourd’hui évident de déterminer l’impact de ces phénomènes dans les disciplines des SHS. Or, les nombreuses initiatives de Digital Humanities (Humanités Numériques) semblent souligner la volonté des acteurs publics (agences du financement de la recherche et gouvernements) d’inciter les SHS à basculer leurs activités de recherche dans ce mode où l’investigation démarre des données et des algorithmes de Big Data plutôt que des intuitions des chercheurs (cf. défi ‘Digging into Data’, infrastructure DARIAH au niveau européen). Ainsi, la très grande infrastructure TGIR Huma-Num.fr représente la vitrine française sur cette initiative. Dans sa lettre de lancement, on peut lire que « la TGIR Huma-Num vise à faciliter la transition numérique de la recherche en sciences humaines et sociales (SHS) ». Nous nous intéressons aux implications épistémologiques d’une science orientée par les données et les traitements algorithmiques.
Nous étudions également les mutations engendrées par le Big Data, l’Open Data et le Web 2.0 dans le secteur du journalisme avec l’émergence de data journalism et de citizen journalism, dans le domaine culturel et patrimonial avec l’émergence des concepts de bibliothèques et de musées participatifs. D’autres secteurs pourront faire l’objet d’études à l’avenir.
Cette thématique croise celle de l’axe 2 (Domaine 2) sur les « Pratiques professionnelles des journalistes et mutations de l’information, notamment les conditions de production de l’information et l’émergence de formes nouvelles et parfois controversées de journalisme (ego journalisme, data journalisme, journalisme citoyen …) »

3. L’économie numérique

Cette dématérialisation croissante de tous les secteurs d’activité a une autre conséquence : elle a fortement contribué à abaisser les barrières pour démarrer une activité professionnelle dans beaucoup de secteurs. Désormais, des individus amateurs peuvent rentrer dans un secteur d’activité, moyennant peu de moyens financier ou matériel, déplacer les anciens acteurs et perturber les équilibres en place. On parle de « disruptive innovations », et disruptive technology. A titre d’exemple, grâce au numérique, l’apparition des pure players a bouleversé durablement le secteur du journalisme ; celle de l’entreprise Uber créé actuellement une disruption importante dans le marché des taxis qui se partageaient jusqu’ici le transport urbain des personnes. La plateforme numérique de locations saisonnières AirBnB est actuellement au coeur de débats et de controverses dans différentes villes du monde (New York, Londres) à cause de la très grande disruption qu’elle a créée dans le secteur de l’hôtellerie et du tourisme. Ces exemples illustrent la fragilité des modèles économiques traditionnels face au numérique. Les modèles économiques classiques sont fragilisés ou rendus obsolètes face aux nouvelles modalités d’exercice des affaires qu’offre le numérique et l’apparition de nouveaux acteurs « disruptifs » dans différents secteurs.
Les travaux entrepris sous cette thématique étudient l’impact du numérique sur le modèle des affaires, dans les secteurs des médias, de l’information et de la culture, et la "prédation" des modèles d’affaires préexistants des entreprises de ces secteurs par les modèles d’affaires des entreprises du numérique. Le point d’entrée dans ces questions est l’observation des mutations et des innovations de business models.
Cette thématique transversale croise également celle de l’Axe 2 : (Domaine 2 « organisations médiatiques : enjeux politiques, sociaux et économiques » ; thématique « Economie des médias et du numérique »), ce qui créé une passerelle entre membres de l’équipe sur des objets et terrains communs.

4. Epistémologie des SIC

Les SIC étant une « interdiscipline », le chercheur en SIC est régulièrement confronté à la nécessité de revisiter ses origines disciplinaires et de la « disciplinarité » des SIC, face aux autres disciplines scientifiques. Adopter une position épistémologique revient à prendre l’engagement de rendre compte de ce qui constitue un savoir, ou en des termes procéduraux, à rendre compte de quand quelqu’un peut prétendre savoir quelque chose.
L’objectif des travaux menés ici est de sonder les fondements théoriques et épistémologiques des SIC et plus particulièrement de sa branche science de l’information, en confrontant les conceptions françaises de la discipline avec les conceptions anglo-saxonnes de Library & Information Science (Ibekwe-SanJuan, 2012). Un deuxième volet de ce travail s’est attaché à rendre explicite les présupposés épistémologiques sous-jacents aux champs de recherche situés en science de l’information et des bibliothèques comme les systèmes de classification et l’organisation des connaissances, la recherche d’information, la bibliométrie (Dousa & Ibekwe-SanJuan, 2014).

Méthodes

Les travaux de cet axe puisent leurs approches conceptuelles dans différentes familles épistémologiques. Ils conjuguent l’empiricisme et le socio-constructivisme avec une dose d’herméneutique. Sur le terrain, cela se traduit par une pluralité de méthodes : les travaux sur l’élaboration de dispositifs info-communicationnels mobilisent des approches empiriques et quantitatives tandis que ceux portant sur les usages et les mutations dues aux TICs mobilisent les méthodes qualitative et interprétative via des enquêtes d’usages et l’observation participante (monographie, études longitudinales, étude de cas).

Originalité de l’axe

Résolument interdisciplinaires, les travaux de cet axe mobilisent les connaissances et méthodes issues à la fois des disciplines de sciences et des SHS, et s’intéressent aux enjeux globaux du numérique en science et en société. C’est un des axes où les chercheurs ont une double compétence technique et théorique, ce qui leur permet de participer à l’élaboration de dispositifs techniques dont l’impact sur la société n’est plus à démontrer, mais aussi de garder une distance critique vis-à-vis de ces mêmes dispositifs, en connaissance de cause. Les travaux des membres de cet axe ont ainsi la capacité de jeter des ponts et des passerelles entre laboratoires et disciplines issus des sciences « dures », au sein de l’AMU mais aussi à l’extérieur, à l’échelle nationale et en particulier à l’international.

Productions et publications des membres

Projets de recherche financés / Contrats (en cours et antérieurs)

  • 2014 : Levantamento dos softwares livres disponíveis para análise de informação estruturada, PROJETO 914 BRA 2015 – IBICT EDITAL Nº 027/2014.
  • 2013- : Accompagnement pour la mise en pratique de sémiologies de la prise de décision CEA/Cadarache (Comissariat à l’Energie Atomique).
  • 2013–2014 : Big Open Linked Data. Projet financé en interne par l’Université de Lyon 3. (BOLD : http://bold.ish-lyon.cnrs.fr/)
  • 2010–2012 : Epistémologie comparée des concepts d’information et de communication dans les disciplines scientifiques (EPICIC : http://www.epicic.org/fr/node/1). Financement ISCC.

En cours :

  • 2015 : Réponse à AAP ANR France-Canada sur les Musées et Contextualisation Culturelle (MC2)

Collaborations internationales en cours

  • Université de Toronto (prof Jenna Hartel, Nadia Caidi),
  • Université de McGill (Elaine Ménard)
  • Universidade nove de Julho (São Paulo, Brésil) Luc Quoniam professeur visitant (Emerson Maccari, responsable de la Pos Graduaçao em Administração)
  • Membre Bureau exécutif Association for Information Science & Technology (ASIST)

Publications des membres du groupe (une sélection)

  • Sachi A., Buckland M., Feinberg M., Ibekwe-SanJuan F., Shaw R., Warner J. (2014). Pluri, Multi-, Trans- Meta- and Interdisciplinary nature of LIS. Does it really matter ?, Panel in 77th Annual Meeting of the ASIS&T (ASsociation for Information Science & Technology), Seattle, USA, 31st Oct. - Nov. 4, 2014.
  • Quoniam, Luc, and David Reymond. “Setting the Scene : Methods for Supporting Decision Making in an Innovation Process.” EIRMA (European Industrial Research Management Association) presented at the Knowledge Driven Decision Processes in R&D, Nestlé headquarter, Vevey, Switzerland, November 6, 2014.
  • Dousa T., Ibekwe-SanJuan F. (2014). Epistemological and Methodological Eclecticism in the Construction of Knowledge Organization Systems (KOSs). The Case of Analytico-synthetic KOSs, In : Knowledge organization in the 21st century. 13th International Conference (ISKO 2014) in Krakow, Poland, May 19th-22nd 2014, pp. 152-159.
  • Ibekwe-SanJuan F., (2014). Big Data, Big machines, Big Science : vers une société sans sujet et sans causalité ?, 19ème Congrès de la SFSIC, Toulon 4-6 juin 2014, 9 pages.
  • Quoniam, Luc. (2013). “Chapitre 4 : Le brevet  : objet de recherche en Sciences de l’Information et de la Communication.” In Recherches ouvertes sur le numérique : approches pratiques en information-communication, edited by Fabrice Papy, 95–109. Traité STI. Paris : Hermès Science publications, 2013.
  • Ibekwe-SanJuan F., Thomas Dousa (eds.), (2013). Theories of Information, Communication and Knowledge. A Multidisciplinary approach. Springer, Netherlands. Springer’s Series Studies in History and Philosophy of Science, vol. 34, 2013, 331 pages.
  • Ibekwe-SanJuan F., La science de l’information. Origines, théories et paradigme. Hermès-Lavoisier, 2012, 261 pages.
  • Ibekwe-SanJuan F., Information science in France. Emergence, Evolution and Perspectives. In Library and Information Science Trends in Europe, Amanda Spink and Jannica Heinstrom (eds.), Emerald Library and Information science book series.
  • F. Ibekwe-SanJuan, The French conception of information science. Une exception française ?, Journal of the American Society for Information Science & Technology, 63(9), 1693–1709, 2012.
  • Dou-Goarin C., Rostaing H., Léveillé V., Delaforge N. L’impact des outils du Web 2.0 sur les comportements de veille. XIX Congrès de la SFISIC : Penser les techniques et les technologies : Apports des Sciences de l’Information et de la Communication et perspectives de recherches, Toulon, Juin 2014.
  • Bassoni M. & Weyganf F. (2012). Un jeu mobile, vecteur de « coopétition » entre réseau social numérique et smartphone. Le cas LiftLoft. In Serge Agostinelli, Dominique Augey et Frédéric Laurie (sous la dir.), La richesse des réseaux numériques. Presses Universitaires d’Aix-Marseille.
  • Bassoni M & Weygand F (2011). Un jeu mobile, vecteur de « coopétition » entre réseau social numérique et smartphone. Le cas LiftLoft. Colloque international y-a-til une richesse des réseaux ? 8 et 9 décembre 2011 Université Paul Cézanne Aix Marseille III, Institut supérieur de l’information et des médias, Aix en Provence France. http://www.medias011.univ-cezanne.fr/fileadmin/Medias11/Documents/A9/BASSONI-WEYGAND.pdf
  • 2011. Les enjeux économiques de la géolocalisation pour les réseaux sociaux numériques. Marc Bassoni & Félix Weygand. Hermès n°59 ; numéro coordonné par Alexandre Coutant et Thomas Stenger. Les réseaux sociaux numériques. http://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00625988/fr/
  • Quoniam Luc, éd. 2011. Competitive Intelligence 2.0. Organization, Innovation and Territory. ISTE Ltd and John Wiley & Sons Inc (Londres). 372 p.
  • Alvares, Lillian, Luc Quoniam, et Charles-Victor Boutet. 2011a. « Representação Cartográfica Dinâmica Online : análise da atividade editorial em inteligência econômica na França ». Encontros Bibli : revista eletrônica de biblioteconomia e ciência da informação 16 (32) (octobre 3) : 94-106. doi:10.5007/1518-2924.2011v16n32 p94.

Produits de valorisation

  • Création d’un incubateur d’école destiné aux étudiants (http://business-nursery.fr/)
  • Participation au programme PACEIM de l’IRD (http://paceim.ird.fr/) .
  • Hébergement dans un incubateur d’entreprise : Marseille Innovation pour test des artefacts vers la prise de décision avec des preneurs de décision.
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